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Site de M. Fahd TOUMA : http://www.fahd-touma.frt

Bagnols sur Ceze : réactions des élèves aux fables

(Fahd Touma)

publié le dimanche 27 septembre 2009.

Invité par Mlle Aurore Dufour, professeur de Français au collège de Bagnols sur Ceze, à parler des fables chez les les Arabes, eu égard à mon livre bilingue « Fables et contes traduits de la littérature arbae ancienne », j’ai pu m’entretenir avec les élèves et le résultat de cette entrevue fut surprenant ; les élèves ont écrits des fables de leur cru et Mlle Dufour a pris la peine de mes les envoyer sous forme de très belles planches peintes et illustrées par ces jeunes.

En hommage à ces enfants j’ai recopié ces textes-poèmes et les ai rajoutés à la présentation de mon livre, en attendant de vous les livrer sous forme de photos.

Je remercie beaucoup ces jeunes collégiens et je constate qu’il suffit parfois d’une petite conférence pour faire exploser l’inspiration dans la tête des enfants.
Je rends hommage aussi à leur maîtresse, Mlle Aurore Dufour, du grand effort pédagogique et assidu qu’elle a fourni afin de faire écrire à ces jeunes tous ces textes-poèmes.

Remarque : J’ai essayé de recopier les signatures des élèves, en arabe, aux quatre coins de leurs planches, malheureusement il y a des signatures qui m’ont échappé, car illisibles en arabe. Je demande pardon à ceux dont le nom ne paraît pas.


La Panthère et l’Oryx

Un oryx se désaltérait,
Dans le courant du Nil.

Une panthère affamée arriva.

« Qu’est-ce qui te rend si courageux pour
troubler ma soif ? dit-il.
Tu seras puni de ton imprudence. »

L’oryx répondit :
« Ne vous mettez pas en colère,
Je ne voulais pas vous importuner,
Mais juste me désaltérer,
Dans le courant en aval,
Et qu’en aucune façon,
Je ne peux troubler votre boisson »

« Tu la troubles », reprit la panthère,
« Et je sais ce que tu as dit de moi l’an passé ».

« Comment l’aurai-je fait si je n’étais pas né,
Je tète encore ma mère. »

« Si ce n’est pas toi, c’est donc ton frère. »

« Je n’en ai pas. »

« C’est donc quelqu’un de ta famille,
Vous et votre espèce,
On me l’a dit,
Je vais me venger. »

Là-dessus, au fond du désert,
La panthère l’emporta et le mangea,
Sans autres manières.

Sara, Mathilde, Gilliane, Carine
d’après « Le loup et l’agneau », de Jean de La Fontaine


Le Jardinier, l’Autruche et le Cheikh

Voici l’histoire d’un jardinier passionné par son jardin.
Il avait, dans un bled lointain, un magnifique jardin parsemé de toutes sortes de plantes : du gingembre, du piment, du safran, du curcuma, du laurier, du thym et beaucoup d’autre encore.
De quoi faire à Shéhérazade un joli bouquet pour sa fête.

Mais une autruche bien dodue vint troubler la fête.
Elle mangeait tout le potager du jardinier. Le jardinier alla se plaindre au cheikh du bled. « Cette maudite autruche vient picorer soir et matin ! Dit-il.
Et elle se moque bien de mes filets, et mes poisons n’ont aucun effet. »

Pour consoler le jardinier, l’émir l’invita à un banquet et lui offrit un festin d’émir : tajine, datte, corne de gazelles et ragout de poulet.

Pendant ce temps l’émir envoya ses soldats se préparer pour une chasse à l’autruche sur chameaux.

La chasse à l’autruche commença.

Les soldats, pensant qu’il suffirait simplement d’effrayer l’autruche pour qu’elle s’en aille, mais l’autruche se révéla plus rusée.
Au lieu de partir, elle revenait toujours, ce qui faisait tourner en rond les soldats de l’émir.
Les chameaux, épuisés, s’arrêtèrent ; l’autruche était partie, mais le jardin était sens dessus-dessous.

Adieu gingembre et piments… Tout est à mettre au Chaurba.

Le jardin était piétiné par les chameaux. Les soldats avaient fait plus de dégâts en à peine une heure, que l’autruche n’en avait fait en un an.

Le jardinier se dit alors :
« Il vaut mieux résoudre ses petits problèmes par soi-même au lieu de demander à plus puissant de l’aide, car cela vous apportera de plus gros problèmes encore ! ».

Bernard, Amandine, Laetitia, Elia


Le Calife et le Chameau

Un Calife, petit, gros et moustachu était
Sur un chameau si maigre que ce dernier peinait à le porter.

Il aperçut en passant,
une grande oasis
où coulait une cascade,
dans un lac turquoise.

Ce lac se trouvait dans un espace
plein d’herbes et parsemé de cactus.

Il y lâcha sa bête
et le ruminant se rue au travers de l’herbe grasse,
se vautrant, grattant et frottant, gambadant, chantant et broutant,
Et faisant mainte place nette.

Un pacha vint les déranger
« Fuyons », dit le calife.
« Pourquoi » ? répond le mammifère. Me fera-t-on
porter double marchandise, double charge ?
« Non pas » dit le calife
en prenant ses jambes à son cou.
Il ressortit couvert d’épines

« Et que m’importe donc, à qui je sois ?
Sauvez-vous et laissez-moi paître :
Notre ennemi, c’est notre maître :
Je vous le dis en bon Kabyle. »

Julie, Lylas, Céline, Jeanne
D’après « Le vieillard et l’âne » de Jean de La Fontaine


L’autruche, le bouquetin et la caille obèse

Il était une fois une autruche, un bouquetin et une caille obèse qui étaient montés sur une charrette et qui partaient au souk.
La joie n’étaient pas au rendez-vous ;
La charrette tirée par un dromadaire se rendait aux enfers.

Mme la caille hurlait sur le chemin des dunes de sable. Comme si cent bouchers HALAL lui couraient après. Les autres animaux étaient des créatures moins turbulentes ?

Alors que des caravanes chargées de magnifiques tapis venus de Turquie défilaient à côté d’eux, ils furent très étonnés d’entendre crier au secours, alors qu’il n’y avait nul mal à craindre.

Le dromadaire se retourna et dit à la caille :
« Pourquoi cries-tu ainsi ? Tu nous assourdis ! Tu devrais prendre exemple sur tes amis, les bêtes ! »

La caille répondit :

« Si le bouquetin savait ce qui l’attend il hurlerait autant que moi !
Et cette autruche crierait encore plus fort. »

L’autruche pense qu’on veut seulement de ses œufs
Et le bouquetin de sa laine, « peut-être ont-ils raison,
Mais moi je ne suis bonne qu’à être mangée, Donc ma mort est certaine »

Mme la caille raisonnait en personne sensée. Mais à quoi bon.
Quand le malheur arrive, il ne sert à rien de se plaindre ni d’avoir peur.

Antoine TRESVAUX, Alyson DUGAS et Shanna Dahan
Sur l’I.D.D. des fables La Fontaine à la source Arabe.


Les deux chameaux

Deux chameaux marchaient dans le désert :
L’un transportait du blé
Et l’autre portait des dinars.
Celui-ci orgueilleux d’un paquet si glorieux
Ne voulait guerre le quitter.
Et blatérant de tout son corps,
Quand les bandits se présentèrent,
Comme ils voulurent arracher l’argent
Sur le chameau du calife, ils se jetèrent,
Le saisirent au cou et l’arrêtèrent.
Le chameau se défendit.
Se sentit transpercé de coups :
Il gémit,
Il soupire.
« Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ?
Ce chameau qui me suit évite le piège,
Et moi, j’y tombe, et je péris ».
« - Frère, lui dit son camarade,
Il n’est pas toujours bon avoir un haut emploi ;
Si tu n’avais servi qu’un humble marchand, comme moi,
Tu ne serais pas si malade ! »

Louis, Joris, Loïc, Emily
D’après « Les deux mulets », Jean de La Fontaine.


Le Pur Sang Arabe et le Dromadaire

En ce monde il faut aider toutes personnes en détresse
Si ton voisin vient à mourir,
C’est sur toi que le fardeau retombe.

Un maigre dromadaire était accompagné
d’un pur sang arabe peu courtois.
Celui-ci ne portant que son simple harnais,

Le pauvre dromadaire était si chargé qu’il succomba.
Il pria le pur sang arabe de l’aider quelque peu :
Autrement il pourrait mourir avant d’arriver à la ville.
« La prière, dit-il, n’est pas trop demander.
Moitié de ce fardeau ne vous sera que jeu. »

Le pur sang arabe refusa et partit au galop
Dans le sable chaud du désert.

Jusqu’à ce qu’il aperçut sous le palmier
Son camarade en train de mourir
Et il reconnut qui avait tort.

Du dromadaire, en cette aventure,
On lui fait porter la caravane,
Et la peau dessus encore.

Camille, Emeline, Myriam, Noemie
D’après « Le cheval et l’âne ». De La Fontaine


Le Lynx et le Scarabée

Rien ne sert de courir il faut partir à point
Le lynx et le scarabée pourront vous le prouver.

- On parie que j’arrive avant toi si on fait la course !

- Tu es sûr ? Tu es fou ! Mais mon pauvre
Il faudrait que tu te dopes pour me battre !

- Fou ou pas, je vais tenir mon pari !

Le combat fut lancé au fin fond du désert.
La ligne de départ et la ligne d’arrivée furent fabriquées
avec des lianes et des morceaux de bois.

Contrairement à ce
Que l’on pensa, le lynx resta au départ :
Il pensa :
« De toute façon je vais gagner, alors j’ai le
Temps de me reposer avant la victoire. »
Il se reposa à l’ombre d’un dattier.
Il laissa donc le scarabée partir à
son rythme.

Notre petite bête à carapace se dépêcha,
pendant ce temps le lynx plana sur son nuage
à savourer de délicieux chébakia
fraîchement préparés.

Quand il aperçut son concurrent qui
touchait au but il partit à toute vitesse mais
malheureusement ses efforts furent vains.

Et le scarabée savoura sa magnifique victoire !

Naïra, Badacha, (illisible)
D’après « Le lièvre et la tortue » de La Fontaine.


Le Fennec et le Ganga

Sur la branche d’un palmier était perché
Un vieux Ganga agile et voyou.
« Eh ! L’ami », dit un Fennec, en adoucissant sa voix,
« Nous ne nous disputons plus depuis longtemps.
Pas de guerre cette fois.
Je viens te le dire ; descends, que je te baise,
Ne me mets pas en retard car j’ai beaucoup à faire ;
J’ai vingt trous à fouiner qui sont enfouis, dans le sable du désert.
Ta famille et toi pouviez faire des activités librement.
N’ayez pas peur, et occupez-vous de vos affaires ;
Nous vous aiderons en tant qu’amis.
Faites-en une fête dès ce soir,
Et pendant ce temps viens recevoir
Le baiser d’amour fraternel. »
« Ami », dit le Ganga, « je ne pourrais jamais
Apprendre une plus douce et meilleure nouvelle
Que celle de cette paix ;
Et le fait que tu me l’annonces me rend encore plus joyeux,
Je vois deux sloughis venant à toute vitesse qui semblent affamés
Descends vite que je t’embrasse avant que les sloughis arrivent. »
Le Ganga descendit du palmier avec méfiance mais les deux
Chiens sortirent d’un laurier rose
Et ils foncèrent vers le Ganga.
Le Fennec, pris de colère, car on lui volait sa proie, se jeta sur les
Deux sloughis et se battit avec eux.

Le Ganga en profita pour s’éloigner du champ de bataille
Et s’enfuit.

Moralité : Il faut toujours se méfier des flatteurs.

Imane


Une Hyène et une Tortue

Une Hyène vit une tortue dans une oasis.
La hyène était affamée.
Puis elle essaya de manger la tortue.
Mais avec sa carapace elle se cassa les dents.

Elle pensa à la tortue.
Elle se dit :
« La tortue n’a pas de dents
Mais elle a une carapace pour se protéger ».
Alors, elle voulut s’en trouver une pour se protéger.

Elle trouva un tronc mort de palmier,
Elle se glissa dedans.

Elle vit un chameau, elle voulut le manger
Mais elle se coinça dans le tronc.
Trois jours après elle arriva à se délivrer du tronc.
Elle se jura de ne plus jamais envier les autres.

La morale de cette histoire est : Au lieu de regarder dans l’assiette des autres regarde dans la tienne.

Ken, Julie, Halima, (illisible)


Le Mulet, le Scorpion, le Chat sauvage
en compagnie avec le Cobra

Le mulet, le scorpion et leur ami le chat sauvage était
Avec un cobra prétentieux « roi » du voisinage.
Ils firent tous ensemble compagnie (doit-on le passer)
Et mirent en commun le grain et le dommage.
Dans une oasis pleine de végétations,
Avec des fruits très nombreux,
Et une chaleur abominable.
Le scorpion s’hydrata et vit une gerboise qui allait,
Elle aussi, pour s’hydrater.
La petite gerboise se trouva prise au piège.
Mais voilà, il y a un problème, car il y avait un mulet,
Un chat sauvage, un scorpion et le cobra
Qui voulaient tous la gerboise.
Le cobra dit : « Nous sommes, tous les quatre,
Et il n’y a qu’une seule proie ».
Le jeune cobra coupa la gerboise en quatre parts.
Le cobra dit : « C ‘est moi qui prends la première part
En qualité de roi » et il l’a mise près de l’eau.
« La deuxième part est pour moi car je suis très venimeux
Et je pourrais vous mordre ».
Deuxièmement, j’ai vu la proie le premier,
Troisièmement, je l’ai tuée puis coupée.
Vous le savez, je suis plus fort,
Donc la troisième part me revient.
Et la quatrième est pour moi car je l’ai décidé
Et si quelqu’un n’est pas d’accord,
Eh bien je le mords !

Camille, Lisa, Prescillia


Le Serval et la Souris

Quatre animaux différents : le Serval Grippe-couscous
Triste rapace l’Urubu, Ronge-maille la Souris,
Dame Suricate aux longues pattes,
Que de personnes scélérates
Qui hantaient le tronc pourri d’un vieil olivier sauvage.
Ils y restèrent si longtemps qu’un soir, aux alentours de l’olivier,
Un marocain tendit un piège.
A l’heure où le soleil se lève à l’Orient, le Serval sortit chasser.
L’ombre matinale l’empêchait de voir le filet :
Il y tomba et faillit mourir ;
Alors le Serval se mit à crier,
La Souris rappliqua aussitôt.
L’un était triste, l’autre content
Car la Souris voyait son ennemi de toujours au piège dans le filet.
Le pauvre Serval dit : « Cher ami, ton aide me sera la bienvenue !
Viens m’aider du piège car l’ombre m’a trompé.
Tu as toujours été mon petit préféré !
J’allais prier Allah pour qu’il te protège !
Je suis prisonnier ! Ma vie est entre tes mains !
Viens ronger ces mailles !
« Qu’est-ce que j’aurai en retour » ? reprit la Souris.
« Je m’allierai avec toi pour la vie », dit le Serval.
« Je te garantie que je te protégerai avec mes griffes ».
Comme si le Suricate et l’Urubu étaient amis.
« Tu me prends pour un idiot ! » répliqua la Souris.
Dame Suricate était près du trou.
La Souris grimpa sur l’olivier et rencontra l’Urubu.
Prise de peur, la Souris Ronge-maille, redescendant aussitôt de l’olivier
Libéra le Serval hypocrite.
Le Marocain apparut, alors le Serval et la Souris prirent la fuite.
Lorsqu’ils furent en sécurité le Serval remarqua que la Souris se méfiait de lui.
« Ah, mon frère ! dit le Serval. Viens m’embrasser !
Pourquoi tu me regardes comme un ennemi ?
Au nom d’Allah, crois-tu que j’ai oublié que tu m’as libéré ?
« Et moi, répondit la Souris, crois-tu que j’ai oublié ta vraie nature ?
Rien ne pourra changer un Serval ! Cette alliance est fausse,
Elle n’a été traitée que dans l’urgence. »

Moralité : on ne sait pas si on peut faire confiance à un ami qui est à l’origine un ennemi.


La Mouche et le Scarabée

Comme la mouche avait chanté « Bzzzz Bzzzz »
Tout l’été sous le soleil ardent
Elle se trouva sans rien
Quand le vent glacial se leva
Il n’y avait même pas de petits morceaux
De déchets ou de charogne.
Elle alla crier sa faim
Chez le scarabée son voisin
Le priant de lui donner de la nourriture
Quelque charogne pour manger
Jusqu’à l’ été prochain
« Je vous la rendrai, lui dit-elle,
Avant le ramadane, sur ma tête de mouche,
Je te rembourserai tout,
Même les intérets en ces temps de crise »
Le scarabée n’est pas généreux
Mais c’est son seul défaut.
« Que faisiez-vous pendant l’été,
Dit-il à la mouche mendiante.
Mendiante du Soleil
A chaque lever et à chaque coucher du soleil
Je chantais « Bzzzz Bzzzzz »
Quoi que vous pensiez,
Vous chantiez « Bzzzz Bzzzz »
J’en suis très heureux pour vous
Et bien, zigzagez dans les airs »

Nicolas, Barbara, Coralie, Richard.
D’après « La cigale et la fourmi », de La Fontaine